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Dépose sécurisée d’amalgames dentaires

Il était affirmé jusqu’à ces dernières années que les matériaux dentaires métalliques étaient relativement bien tolérés, le seul facteur annoncé être en cause dans leur toxicité étant l’érosion des métaux utilisés (mercure, nickel, cuivre, étain) induite par la mastication. Aujourd’hui, de très nombreuses études ont démontré la toxicité des amalgames dentaires métalliques, notamment chez certains patients plus sensibles.

Les amalgames (parfois appelés « plombages », bien que ne contenant pas de plomb) sont un mélange de métaux en poudre et de mercure liquide utilisé pour le traitement des caries. Généralement ils contiennent 50% de mercure métallique et 50% de poudre d’alliage, constituée dans des proportions variables, d’argent (40%), de cuivre et dans des proportions plus faibles d’autres métaux tels que le zinc.

Les phénomènes toxiques se sont amplifiés probablement sous l’effet des CEM, car les métaux incriminés dont le mercure font « antenne ». Ainsi est-il créé en bouche des courants galvaniques  toxiques car libérant en petite quantité mais de façon permanente des ions métalliques, dont en particulier du mercure sous forme de gaz, l’ethylmercure.

Il est aujourd’hui démontré scientifiquement que de tels métaux et en particulier le mercure peuvent être causalement responsables (1) d’affections dégénératives du système nerveux telles que l’autisme chez l’enfant, et la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques et la sclérose latérale amyotrophique chez l’adulte, (2) de maladies auto-immunes telles le Lupus érythémateux et la sclérodermie et peut-être même (3) de certains cancers.

Les métaux peuvent être à l’origine d’un phénomène d’électrolyse et ainsi créer des courants galvaniques en bouche, la salive servant d’électrolytes comme dans une pile. Les ions ainsi formés se déplacent et peuvent polluer l’organisme. Ils peuvent d’autre part se former sous l’effet des CEM extérieurs, érodant ainsi les matériaux métalliques mis en bouche. Parmi ces métaux le mercure est un poison toxique.

La détermination de l’association calédonienne IMNC (Intoxication Métaux Nouvelle Calédonie) a conduit à l’interdiction de l’utilisation des amalgames dentaires à partir du 1er octobre 2019 sur le territoire calédonien. L’IMNC est une ONG qui œuvre pour faire (re)connaitre les dangers de la présence des métaux lourds dans le corps et les problèmes très graves qui en découlent.

Compte tenu des effets toxiques directs ou indirects des matériaux métalliques qu’ils contiennent  (génération des courants galvaniques en bouche par électrolyse ou par effet antenne), notamment chez certains patients plus sensibles,  une dépose des amalgames doit être envisagée dans certains cas.  Cependant toute dépose ne peut se faire sans précaution, sous peine de libérer les métaux toxiques en particulier l’ethylmercure en bouche et ainsi favoriser leur passage dans le sang et les tissus.

Au cabinet dentaire, nous avons établi un protocole de dépose des amalgames dentaires selon les recommandations de l’IAOMT (International Academy of Oral Medicine and Toxicology)  afin de limiter les quantités de vapeur inhalées ou ingérées au cours de cette intervention; celle-ci d’autre part est à éviter chez des patientes en période de grossesse ou d’allaitement (avis du Conseil Supérieur de l’Hygiène Publique, 19 mai 1998 ; rapport de l’AFSSAPS sur les amalgames dentaires, octobre 2005).

  1. Protection individuelle du patient  avant l’intervention : port d’un masque au charbon pour éviter l’inhalation de vapeurs mercurielles, protection de la peau et des yeux pour éviter tout contact  avec des débris éventuels.
  2. Utilisation d’un champ opératoire en latex (digue), et  d’un système d’aspiration (aspirateur chirurgical) spécifique (dispositif Clean-Up) pendant toute la durée de l’intervention.
  3. Découpe de l’amalgame en sections (et non pulvérisation de l’amalgame avec la fraise).
  4. Maintien durant la découpe d’une vaporisation d’eau constante pour refroidir l’air et ainsi réduire la quantité de vapeur mercurielle émise.
  5. Rinçage abondant de la bouche avant et après l’intervention : il est conseillé de procéder à un bain de bouche au charbon actif, puis de faire des prises régulières de charbon actif par la suite afin de capter des particules mercurielles qui auraient pu être ingérées.

Nous travaillons en coopération avec des naturopathes, afin d’accompagner et de préparer au mieux nos patients à cette intervention de dépose.

Pour les alternatives à l’amalgame, se référer au chapitre dédié.